« Le barycentre de LVMH est en région » : Antoine Arnault défend les métiers de la main face à l’attrait des carrières numériques
Publié le 07 octobre 2026 à 07:00
« Nous devons lutter contre la sensation que les métiers artisanaux ne sont pas destinés aux jeunes « ,
Selon Antoine Arnault LVMH
L’idée est née, il y a 15 ans, au détour d’une réflexion, celle que LVMH (80,8 milliards d’euros pour l’exercice 2025, 211 000 collaborateurs dans le monde) n’était pas vraiment perçu à sa juste valeur.
« On disait que nos centres de production ressemblaient plus à des usines qu’à des ateliers », se rappelle Antoine Arnault.
« Une petite musique » lancinante, ajoutée au fait que « le groupe est souvent caricaturé dans sa manière de faire », qui mène à la certitude qu’il fallait agir. Cela aurait pu être une campagne de publicité, reconnaît Antoine Arnault, aujourd’hui directeur Image et Environnement du groupe familial. Ce sera les « Journées Particulières ». Le principe est inspiré des Journées du patrimoine : ouvrir les ateliers des différentes marques détenues – Louis Vuitton, Hennessy, Parfums Christian Dior, Chaumet, Fred, Bulgari… – en Île-de-France mais aussi et surtout en région, car comme le rappelle fermement Antoine Arnault, « si le siège est à Paris, le barycentre de LVMH est en régions ».
Remettre « du positif dans l’économie »
Cet acte de transparence comme le revendique celui qui a intégré le comité exécutif de LVMH en début d’année, était certes « défensif » en 2011 mais plus globalement, « il nous permet de raconter l’histoire telle que nous la vivons nous-même, de présenter au public qui nous sommes, en toute honnêteté et surtout de mettre en avant des savoir-faire artisanaux ».
Car si l’enjeu premier est de montrer à voir ce qui constitue, en coulisses, les particularités du groupe de luxe français, celui qui est sous-tendu est de susciter les vocations. Autant chez les jeunes que chez les adultes, la reconversion étant aussi un des leviers pour attirer des talents et assurer la transmission de savoir-faire du geste et de la main ancestraux. Un vrai défi qui concerne tout le pan de l’artisanat aujourd’hui.
Organisées tous les deux ans, les Journées particulières exigent une logistique bien huilée pour organiser le travail des artisans, y compris, pour certains lieux, de nuit. Cependant, d’opération extérieure, l’initiative se révèle aussi être très demandée en interne. Après les Jeux olympiques 2024, « nous souhaitions laisser passer un délai de deux ans », raconte Antoine Arnault. Mais les artisans des diverses marques du groupe ont fait part de leur volonté de réitérer l’exercice assez vite. « C’est remonté au Comex », précise Antoine Arnault, ravi de cet exemple « de bottom-up ». Et ces Journées sont aussi une façon « de remettre du positif dans l’économie ».

