De la Meuse jusqu’aux plus grands monuments de France : l’épopée Salin
Il y a des noms qui traversent les siècles sans jamais quitter leur village. Salin, à Dammarie-sur-Saulx, en est un.
Tout commence en 1590.
Le prieur du lieu, Nicolas de La Morre, fait venir des chaudronniers auvergnats pour établir un fourneau au bord de la Saulx. Un siècle et demi plus tard, en 1751, un haut fourneau s’y dresse. La Révolution passe, et c’est Jean-Baptiste Vivaux qui rachète le prieuré et l’outil industriel — il y fabrique poterie, tuyaux, machines, pièces de chemin de fer et grosses pièces pour la Marine.
Puis vient le tournant. En 1875, Auguste Salin rachète le haut fourneau de Dammarie ainsi que celui d’Écurey. Une dynastie industrielle est née.
Sous l’impulsion de la famille Salin, l’usine se spécialise dans un savoir-faire d’exception : la fonte d’art et la fonte d’ornement. Bustes, statues, grilles, balcons, monuments aux morts… Les ateliers Salin façonnent le bronze et la fonte qui ornent aujourd’hui encore places publiques et façades à travers toute la France.
À Écurey, la famille va plus loin : elle bâtit une véritable cité ouvrière, avec logements, école et chapelle pour ses employés — une vision presque avant-gardiste de l’entreprise au service de son territoire.
En 1861, le château du fourneau est édifié à Dammarie sur les plans de l’architecte Demoget. Aujourd’hui inscrit aux Monuments Historiques, il reste le témoin silencieux de cette aventure industrielle.
L’histoire ne s’arrête pas là : la production se concentre à Dammarie-sur-Saulx en 1985, le site d’Écurey ferme en 1987, et les Fonderies & Ateliers Salin perdurent encore aujourd’hui, plus de 400 ans après les premiers coups de marteau au bord de la Saulx.
Une leçon d’histoire industrielle française, née d’un petit village de la Meuse.
