En Nouvelle-Calédonie, l’inquiétante faillite d’un secteur du nickel en crise
L’une des trois usines métallurgiques locales de nickel va mettre la clé sous la porte d’ici la fin du mois. L’industrie du nickel est vitale pour l’économie de l’archipel. Le secteur est mis sous pression par la concurrence de l’Indonésie, devenue premier producteur au monde en quelques années.
Par Étienne Goetz
Comme une prophétie. A l’été 2023, l’inspection générale des finances remettait un rapport à Matignon sur l’état alarmant de la filière nickel en Nouvelle-Calédonie . Ses auteurs jugeaient la situation « précaire », voire « préoccupante », et mettaient en garde contre l’imminence d’une série de faillites dans le secteur. Sauf coup de théâtre, l’usine métallurgique KNS du nord de l’île va mettre la clé sous la porte d’ici la fin du mois et environ 1.200 salariés iront s’inscrire au chômage .
KNS, pour Koniambo Nickel SAS, est l’une des trois usines de transformation du nickel de l’archipel avec la Société Le Nickel (SLN), filiale d’Eramet, et l’usine de Goro, dans le Sud, exploitée par le consortium Prony Resources. En plus de dix ans d’activité, le site de KNS n’a jamais été rentable et a accumulé près de 14 milliards d’euros de dette. Glencore, l’un des principaux actionnaires (49 %) aux côtés de la Province Nord, a jeté l’éponge en début d’année. Le géant suisse a mis en sommeil les fours et versé les salaires pour une période de six mois, le temps de trouver un repreneur. En vain.